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Langues : français / anglaisAu printemps prochain, la Bourse de Commerce se métamorphose en un paysage luministe et crépusculaire où les œuvres se dévoilent dans un jeu d’ombres et de lumières à travers tous les espaces du musée.« Le contemporain est celui qui fixe le regard sur son temps pour en percevoir non les lumières, mais l’obscurité. Tous les temps sont obscurs pour ceux qui en éprouvent la contemporanéité. Le contemporain est donc celui qui sait voir cette obscurité, qui est en mesure d’écrire en trempant la plume dans les ténèbres du présent . » L’exposition « Clair-Obscur » explore cette réflexion du philosophe italien Giorgio Agamben à partir d’œuvres d’artistes de la Collection Pinault qui, de l’art moderne à aujourd’hui, se sont détournés des scintillements factices du monde pour en sonder les zones d’ombre se conjuguant parfois aux éclats de lumière qui viennent éclairer le temps présent. Être contemporain, ce serait donc recevoir « en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps. » La Bourse de Commerce – Pinault Collection se métamorphose en un paysage luministe et crépusculaire, où les œuvres souvent immersives se dévoilent dans un jeu d’ombres et de lumières. Sous le dôme zénithal, Camata, chef-d’œuvre de Pierre Huyghe, s’ancre dans la scène circulaire de la Rotonde, transformé en amphithéâtre hors du temps, au sein duquel se déploie un rituel métaphysique filmé par l’artiste dans l’immensité du désert d’Atacama (Chili). L’exposition emprunte son titre aux contrastes d’ombres et de lumières, le fameux chiaroscuro, qui s’invite dans la peinture depuis le XVIe siècle, le maniérisme et l’âge baroque, à l’image de l’œuvre de Caravage qui en intensifie l’usage, plongeant le monde terrestre dans l’obscurité, alors que des rayons de lumière accentuent la tension dramatique et les enjeux spirituels sous-jacents. Son influence se fait sentir dans la poétique de Bill Viola qui s’inspire des maîtres anciens pour faire advenir dans une temporalité ralentie des corps qui émergent de l’ombre. La peinture, l’art tout entier n’auront alors de cesse de conjuguer l’ombre et la lumière, avec certains artistes tels que Goya, dont l’héritage nimbe toujours de sa profondeur et de son mystère la création la plus contemporaine. Le clair obscur n’est donc pas seulement une technique picturale du passé, mais un langage visuel qui traverse les siècles et se renouvelle sans cesse, révélant toute la part d’obscur de l’homme et du monde. Il donne ainsi sa tonalité à tout un pan de la création devenant un langage visuel et symbolique renouvelé, un ressort narratif, un principe philosophique. Il exprime à la fois la matérialité de la lumière et les zones d’ombre de l’inconscient, transformant notre rapport au visible et à l’invisible.Artistes modernes : Jean Dubuffet (1901-1985), Max Ernst (1891-1976), Alberto Giacometti (1901-1966), Maria Martins (1894-1973), Fausto Melotti (1901-1986), Carol Rama (1918-2015), Germaine Richier (1902-1959), Louis Soutter (1871-1942), Yves Tanguy (1900-1955), Mary Wigman (1886-1973)Artistes contemporains : Bruce Conner (1933-2008), Trisha Donnelly (1974), Robert Gober (1954), Pierre Huyghe (1962), Laura Lamiel (1943), Philippe Parreno (1964), Sigmar Polke (1941-2010), Alina Szapocznikow (1926-1973), Wolfang Tillmans (1968), Bill Viola (1951-2024), Danh Vo (1975)