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Elles étaient torturées, puis violées. C'était considéré comme tout à fait normal. Même le code pénal français de l'époque ne reconnaissait pas le viol. A l'époque trop peu osaient parler, dénoncer ce crime contre l'humain. Même les femmes violées n'en parlait pas parce que c'était du domaine de l'indicible. Déjà, la torture était systématiquement pratiquée, il y avait de tout, la gégenne, le supplice de l'électricité et les brûlures de cigarettes, les femmes subissaient le viol, elles étaient violées à tour de rôle par une dizaine de soldats, les cris, les pleurs, les humiliations, tout le monde savait, mais on n'en parlait pas, c'étaient des femmes et, en plus, des combattantes de l'armée algérienne de libération nationale, elles devaient tout subir, on ne leur reconnaissait pas le statut d'humain. Tout cela se déroulait dans le silence de la classe politique et médiatique qui savait.
Il y eut néanmoins des femmes et des hommes qui ne pouvaient se taire devant cette ignominie. Comme Pierre Vidal-Naquet, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir. Il faudrait, c'est important, par respect aux femmes et à l'humanité, rouvrir ce dossier. Parce qu'elles étaient des femmes et combattantes qu'elles étaient violées.
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